| Conduites à tenir Le diagnostic d'hyperéosinophilie doit être envisagé en fonction du contexte où il se pose: L'éosinophilie peut-être isolée et constituer le problème diagnostique, ou bien elle fait partie d'un tableau clinique dans lequel elle peut constituer un élément d'orientation ou simplement un signe contingent. Nous envisagerons le diagnostic dans ces deux types de circonstance. On parle d'hyperéosinophilie lorsque le taux sanguin des polynucléaires éosinophiles est supérieur à 400 voire 500/mm3. .l ne faut pas tenir compte de la valeur en pourcentage Eosinophilie sanguine Orientation des investigations Le bilan étiologique d'une éosinophilie n'a d'intérêt que dans la mesure où celle-ci est persistante. En effet, il existe de fréquentes hyperéosinophilies transitoires qui ne nécessitent pas d'exploration. Rechercher les signes cliniques d'accompagnement : Terrain allergique, exposition aux radiations ionisantes, prise de médicaments, dermatoses, bulleuse ou eczématisée, états infectieux, signes pulmonaires Faire préciser la notion de séjours à l'étranger Rechercher les signes biologiques d'orientation Eosinophilie isolée ou associée à des perturbations des autres lignées sanguines: polynucléoses neutrophile, thrombocytose, myélémie, ou à un syndrome inflammatoire Eosinophilie contingente d'une pathologie connue ou de diagnostic évident: - asthme, eczéma, conjonctivite allergique, rhinite. - éosinophilie associée à une dermatose : pemphigoïde bulleuse, dermatite herpétiforme, pemphigus, prurigo, érythrodermies diverses - éosinophilie constatée lors de traitement chimiothérapie, d'exposition à certains toxiques (benzène) - éosinophilie associée à une pathologie digestive connue : RCUH, entéropathie exsudative Eosinophilie avec signes clinique d'orientation : - signes pulmonaires : chercher un syndrome de Löffler - éosinophilie dans un contexte infectieux: penser aux éosinophiles accompagnant les états toxiques, streptococcies, pneumococcies, salmonellose, gonococcie, mononucléose infectieuse - présence d'adénopathies, de splénomégalie, d'une altération de l'état général : chercher une hémopathie en particulier maladie de Hodgkin, lymphome - éosinophilie chez un sujets ayant séjourné en zone d'endémie parasitaire : envisager les parasitoses classiques en fonction du lieu de séjour. - éosinophilie avec prise médicamenteuse (antibiotique, sulfamides, anti-inflammatoires, héparines, vaccination récente) le médicament peut être à lui seul responsable d'éosinophilie. La meilleure attitude lorsque cela est possible est d'arrêter le traitement et de vérifier la disparition de l'éosinophilie. Eosinophilie sans signes cliniques d'orientation L'attitude peut être la suivante : - arrêter toute prise médicamenteux et éventuellement mener une enquête allergologique; tracer une courbe des éosinophiles; chercher un syndrome inflammatoire et faire de principe un bilan de connectivite (PAN, lupus); recherche d'anomalie associée à l'hémogramme, pouvant évoquer une LMC, un leucose aiguë, une myélodysplasie, voire l'exceptionnelle leucémie à éosinophiles - bilan allergologique, radiographique, échographique, tomodensitométrie abdomino-pelvienne à la recherche de signes d'hémopathie, de tumeur. - on peut toujours faire de principe l'examen parasitologique des selles et les sérologies : distomatoses, hydatidoses, ascaridioses, ankylostomiase, anguilluloses, larva migrans Il reste les causes rares et nombreuses. Penser au "syndrome d'hyperéosinophilie primitive", avec ses complications cardiaques ou neurologiques |