Syndromes myéloprolifératifs


Leucémie myéloïde chronique


Synonymes :
LMC
Anglais: Chronic myelogenous leukemia

Définition :
Syndrome myéloprolifératif chronique causé par une mutation chromosomique de la cellule souche myéloïde, le chromosome Philadelphie (Ph1), entraînant une production exagérée des cellules granuleuses.

Clinique :
Adulte jeune, possible, mais rare chez l'enfant.
Souvent asymptomatique et de découverte fortuite
Asthénie, splénomégalie, parfois hépatomégalie.
Peut être révélée parfois par une complication (thrombose).

Diagnostic :
Hémogramme : Hyperleucocytose forte en général >50 000/mm3, dépassant souvent 200000/mm3
Majorité de polynucléaires avec présence de formes immatures (myélocytes et métamyélocytes, voire quelques. promyélocytes et myéloblastes).
Eosinophilie et basophilie fréquentes.
Anémie normochrome, normocytaire, arégénérative inconstante.
Plaquettes normales ou augmentées, pouvant atteindre 1 000 giga/L.

Moelle : Très forte hyperplasie granuleuse sans anomalie importante de maturation, éosinophilie et basophilie, mégacaryocytes nombreux et dysplasiques (petite taille)
En phase chronique, pas d'excès de cellules jeunes (blastes)
Possibilité de fibrose à la biopsie au diagnostic, mais surtout en cours d'évolution.
Le myélogramme est peu utile au diagnostic, mais permet de faire le caryotype.

Caryotype et biologie moléculaire : Chromosome Ph1 translocation t (9 ; 22) (q34 ; q11) entraînant un remaniement moléculaire appelé bcr/abl présent chez 95% des patients.
4% sont Ph1- mais bcr/abl +.
Pour les 1% restant, Ph1- et bcr/abl-, le diagnostic de LMC est à reconsidérer.

Evolution : transformation en leucémie aiguë lymphoïde ou myéloïde, tantôt brutale, tantôt précédée d'une phase d'accélération, en général après 5 ans d'évolution..

Données complémentaires :
Le diagnostic peut être hésitant au début quand la leucocytose est modérée.
Intérêt capital du caryotype. Il permet d'éliminer (avec le contexte) les myélémies réactionnelles ou des autres s. myéloprolifératifs chroniques (ostéomyélofibrose).

Traitement :
Le traitement le plus adapté est l'imatinib (Glivec ®), qui se prend par voie orale. C'est un inhibiteur spécifique des tyrosines kinases.
Autres thérapeutiques possibles: interféron alpha + aracytine ou hydroxyurée.
Le traitement de choix chez le sujet jeune est l'allogreffe de moelle si le sujet a moins de 45 ans et s'il y a un donneur HLA compatible. Entraîne 60% de rémission à 5 ans.